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Partie 50 : Soirée à cahors, repas à la chaumière

par martin le 18/03/2008 | 23 h 32 min | Article lu 14 fois

Après avoir fini notre journée de ‘’travail’’ et pris la douche salvatrice de la fin de journée, il fut rapidement temps de nous rendre au restaurant du jour. Comme tous les soirs, la faim commençait à se faire pressante. Après la constitution d’un petit groupe pour effectuer le chemin de l’hôtel au restaurant ensemble, nous sommes partis.

Pendant le chargement, nous avions eu l’explication par notre chauffeur poids lourd du chemin, apparemment très simple, à emprunter pour nous rendre au restaurant du soir. Il s’agissait d’un petit sentier longeant la route nationale et nous permettant de rejoindre le pont enjambant le cours d’eau. La première partie du sentier était évidente car il n’y avait qu’une seule direction possible. Puis un embranchement se présenta et décision fut prise de descendre vers la rivière, ce qui semblait plus logique sur le coup que de marcher le long de la nationale. Sauf qu’arrivés en bas, à part de traverser à la nage, il semblait difficile de rallier l’autre rive. Nous avons rebroussé chemin et marché le long de la nationale en direction de La Chaumière, l’auberge, nommons cet endroit ainsi, où nous allions dîner. Nous n’avions pas encore vu l’intérieur mais le nom laissait présager un côté ‘terroir’ des plus marqués.

Arrivés au rond point fin de notre ‘périple’, la chaumière arborait fièrement des panneaux publicitaires mais pas de toit de chaume. Simplement des marques de bière et une enseigne PMU. Il s’agissait en réalité d’un bar dont l’arrière boutique avait été aménagée en réfectoire pour nous accueillir. Nous avons patienté quelques instants à l’extérieur sur le salon de jardin en terrasse en attendant l’arrivée hypothétique d’autres caravaniers. Nous n’étions qu’une dizaine à ce moment-là. Finalement, très peu arrivèrent. Un apéro avait du s’improviser sur la parking de l’hôtel pour retenir tout ce monde !

Après quelques minutes d’attentes et quelques caravaniers de plus, on s’installa et découvrit d’abord la salle. Ambiance rustique populaire au programme. Pichets de vin en céramique peinte, fleurs séchées dans la salle.
Dans les pichets, un bon gros rouge qui tâche, bien râpeux. Je connaissais le Cahors, réputé pour son côté un peu rude en bouche mais là c’était vraiment très fort ! En temps normal, cela m’aurait gêné mais là, dans ce contexte, cela participait en quelque sorte à l’ambiance. LE repas était composé d’une entrée à base de crudités et d’une pièce de volaille accompagnée de lamelles de pommes de terre revenues et baignant littéralement dans l’huile. Très diététique.
Le dessert était dans le même style. Je ne me souviens plus de quoi il s’agissait, probablement d’un morceau de tarte aux pommes, dessert star sur le Tour mais je me souviens ne pas en avoir pris.
Nous venions de trouver le premier dauphin au classement des restaurants les plus ‘cheap’ et les plus marqués ‘terroir’. Après le chaudron au foyer rural, la chaumière !

Cela nous faisait sourire mais nous n’avions pas vraiment beaucoup apprécié et donc pas beaucoup mangé et nous aurions aimé finir sur quelque chose de plus bourratif ou au moins de sucré et agréable. Heureusement pour nous, Ronald Mc Donald vint à notre secours. Un fast food de la chaîne américaine était placé juste en face de la chaumière au rond point. Nous y avons pénétré et y avons dégusté des hamburgers, pour ceux comme moi qui devaient combler le vide estomacal encore trop présent laissé par la chaumière, des Sundays ou d’autres desserts pour d’autres.

Pendant que nous discutions tout en mangeant, l’inverse étant vrai aussi…l’arrivée de deux jeunes hommes habillés pareil et très affûtés physiquement attira mon regard. Ils avaient l’air d’être des coureurs. Bermudas beiges, polos noirs avec les sponsors dessus, chaussettes blanches, baskets. Il s’agissait bien de deux coureurs du Tour et pas n’importe lesquels car il s’agissait là de Fabian Cancellara, le suisse champion du monde de contre la montre et d’un de ses coéquipiers, tous deux coureurs dans l’équipe CSC. Seul le suisse commanda. Un Mc Flury. J’étais très étonné. D2jà de les voir mais en plus de les voir au Mc Donald manger un dessert tout sauf diététique.

A leur décharge, bien que très musclés, ils paraissaient très minces limite maigres même pour tout dire. Ils étaient également, et c’est une quasi-vérité pour tous les coureurs du peloton, chétifs.

Nous sommes ressortis du restaurant un peu plus rassasiés, en les suivant, eux deux se dirigeant vers leur hôtel, un Campanile, un peu plus loin sur le rond point, nous repartant par delà la rivière vers notre Formule 1.

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Partie 49 : L’étape des tournesols

par martin le 16/03/2008 | 23 h 22 min | Article lu 4 fois

Il y en a toujours une dans le Tour. Sans elle, le Tour à la télé ne serait pas le même. Je parle bien entendu de l’étape des tournesols. Celle où on peut voir le peloton avancer au travers des champs de tournesols avec des Travelling de caméras hélico au dessus des champs en rase motte.

C’était celle-là qui serait choisie par la télévision, Pau/Castelsarrasin. Il faisait beau, même très beau. Les champs étaient remplis de tournesols. La fleur du soleil, ce soleil que les coureurs n’avaient pas vraiment dans le cœur ce matin-là. Après l’exclusion du maillot jaune, le départ de l’étape à Pau allait être donné sans leader officiel. Drôle d’étape !

Il y avait une ambiance quasi normale pourtant à Pau sur le parking caravane. Un stade dont l’herbe n’était plus après notre passage. C’était le même parking caravane chaque année depuis que je faisais le Tour et que les étapes partaient de Pau et je pense que chaque année, l’herbe devait souffrir de notre passage. De gros véhicules, certains faisant des démarrages rapidesCertes, tout le monde parlait de cette exclusion mais il n’y avait pas de têtes affligées. Au café, ça discutait plus de la dernière soirée caravane que de ça même.

Depuis quelques jours, depuis le contre la montre plus précisément en réalité, pas mal de monde émettait des réserves sur les performances de Rasmussen. Ce coureur qui, à l’époque d’Armstrong faisait un coup d’éclat par Tour de France puis sombrait et ne soutenait pas la comparaison. Il était abonné au maillot à pois mais n’avait jamais semblé avoir la possibilité de jouer un rôle au classement général.
A l’arrivée, le parking caravane était le long d’une très longue route bordée de champs de maïs et de tournesols. Des véhicules de toutes les marques de la caravane étaient garés de part et d’autre de la route et là avait lieu une immense bataille d’eau. Il avait fait extrémement chaud toute la journée. Une immense bataille d’eau était en train de se passer quand nous sommes arrivés. Evidemment, nous avons été arrosés. Comment ne pas l’être quand de nombreux caravaniers vous arrosent en vous prenant par surprise ?

Dans l’équipe, ça a été sobre. Le soleil avait tapé fort et nous avait un peu assommés mais nous ne nous sommes arrosés qu’un peu et plus pour nous rafraîchir que pour nous mouiller. Nous n’avions qu’une envie : rentrer dans le véhicule, mettre la climatisation et rentrer à l’hôtel, un….Formule 1 !

Nous sommes repartis rapidement vers l’hôtel et sommes arrivés parmi les premiers. Mais au lieu d’aller faire le plein tout de suite et d’aller charger pour finir la journée, nous avons du attendre l’arrivée d’une personne de la société qui n’avait plus de carte pour faire le plein, cette dernière l’ayant prêté à un chef caravane ayant perdu la sienne !
Nous avons donc patienté devant l’hôtel Formule 1 assis sur les meubles de camping en bois. Heureusement, la personne de la société ne tarda pas à venir et nous partîmes à la pompe à essence du supermarché le plus proche, soit vraiment pas loin, quelques hectomètres tout au plus, notre bel hôtel étant situé en plein milieu d’une zone d’activité bordant une zone commerciale.

Le plein fait, nous nous sommes arrêtés sur le parking du magasin d’aménagement de la maison adjacent à notre hôtel pour charger les véhicules en goodies pour le lendemain. Le chauffeur poids lourd avait prévu comme à son habitude des boissons fraîches à nous proposer. Il était vraiment très gentil. En plus de tout préparer pour quand nous arrivions, il avait toujours un mot de sympathie envers nous et des boissons à disposition. Dans la chaleur comme ce soir-là, c’était vraiment agréable.

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Partie 48 : Comment gâcher la fête ? (encore…)

par martin le 15/03/2008 | 21 h 52 min | Article lu 37 fois

L’arrivée de Gourette nous réserva une autre nouvelle passe d’arme entre les premiers du classement général. La victoire revint à Rasmussen porteur du maillot jaune. Mais les médias relevèrent justement que son arrivée avait été accueillie sous quelques sifflets, ce qui n’est pas très sportif.
Certes, ce garçon ne plaisait pas au public car il était ultra dominateur et ne laissait rien aux autres mais il n’était pas antisportif comme Armstrong avait été accusé, peut-être à raison de l’être, en noyautant la course.

L’équipe de Rasmussen, bien que prenant les devants dans la plaine et le début des acensions laissait rapidement la course aux autres coureurs. Mais le public ne l’aimait pas. Trop froid sûrement. Trop inhumain, autant dans sa personnalité que dans ses performances. Comparé à un Contador ou un Evans qui souffraient et étaient comme gracieux et légers dans l’effort, Rasmussen avait toujours cette attitude de souffrance et de dépassement de soi un peu suspecte.
Peut-être est-ce pour cela qu’à son arrivée triomphale après avoir distancé Leipheimer et Contador dans le dernier kilomètre, il se vit sifflé par certains membres du public ? Je ne le sais pas mais quoi qu’il en soit, je déplore ce genre de comportements que je juge vraiment irrespectueux.

De retour à l’hôtel à Tarbes après la dernière étape de montagne du Tour, une mauvaise nouvelle fut annoncée à la télévision. “Moreni, coureur de Cofidis contrôlé positif à la Testostérone, l’équipe Cofidis décide de se retirer du Tour”. Je revois encore cette interview de Chavanel à l’arrivée de l’étape, un journaliste lui apprenant qu’un coureur avait été contrôlé positif. Le coureur répondit « Allez, encore un… Bravo, c’est la fête ! » Et là-dessus, le journaliste lui répondit : « Si je vous dis que c’est dans votre équipe ? » Le visage du coureur se figea, il prit le masque et il s’éloigna sans rien dire. Il savait que son Tour venait surement de s’arrêter par la faute d’un de ses coéquipiers.

Cette info courrait depuis quelques jours dans la caravane et tout autour, on entendait des rumeurs disant qu’un coureur aurait été pris positif. On ne savait pas qui, ni à quoi mais la rumeur se propageait… Le soir, cela tomba comme un couperet. Quand j’ai vu ça à la télévision, qu’habituellement je n’allumais jamais en arrivant à l’hôtel, je suis tout de suite sorti annoncer la nouvelle aux autres membres de la caravane. Nous étions tous abasourdis. Encore un ! Chez Cofidis qui semblait être une équipe faisant tout pour éviter cela, ce qui est effectivement le cas, nous avons pu le constater depuis.

Nous avions aussi peur que le Tour s’arrête. Après le scandale de 1998, qui sait ce qui aurait pu se passer. Un sponsor aurait claqué la porte, puis un autre, puis encore un…
La caravane Cofidis a arrêté le soir même aussi après l’exclusion de l’équipe. Dur coup pour les caravaniers qui ne s’attendaient pas à ça et qui payaient eux aussi, comme les coureurs propres de Cofidis le prix fort pour une erreur qu’ils n’avaient pas commise.

La soirée se passa, cela mis de côté, relativement bien. Nous avons mangé dans un restaurant créole. C’était dépaysant. Cela changeait des habituels repas du soir. Nous avions déjà mangé là les années précédentes et le menu était sensiblement le même d’après mes souvenirs. Nous avons pu manger des acras de morue, du poulet à la sauce jaune fluo au curry et du riz basmati entre autres. Ensuite, sur le côté, ceux qui le désiraient pouvaient aller danser, il y avait une salle attenante au bar réservée à cet effet. Me concernant, je n’ai pas fait long feu et suis allé me coucher assez rapidement.
La nuit réservait un nouveau mauvais tour au Tour mais nous n’allions le découvrir que le lendemain.

En effet, le lendemain matin sur le parking avant de partir, on m’annonça la nouvelle de l’exclusion de Rasmussen, alors maillot jaune incontesté, pas trop sur l’attitude ou la blancheur mais au niveau du classement général ! J’étais consterné. Après les quelques sifflets de la veille à l’arrivée de Gourette, le voilà qui était hors course. Quelle triste image du sport !

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Partie 47 : Dernière étape de montagne sous protection

par martin le 12/03/2008 | 15 h 00 min | Article lu 7 fois

La dernière étape de montagne du Tour partait de Orthez. Concrètement, on retournait là où on avait passé la journée de repos la veille. Mon ventre avait un peu de mal à se faire à cette idée mais il était tôt et il dormait encore à moitié. La route était toute droite sur autoroute et il était tellement tôt qu’il n’y avait personne. En arrivant à Orthez, l’entrée de la ville était plongée dans un brouillard très dense probablement causé par l’humidité et la fraîcheur matinale tranchant avec la chaleur torride de la veille.

Dès que nous avons été garés sur le parking caravane, nous avons mis la polaire ou la parka. Petit à petit quand nous préparions le départ, le brouillard se leva et le soleil sortit de la brume.
Le programme de la journée était copieux avec notamment un col que je ne connaissais pas du tout pendant un passage en Espagne, le col de la Pierre St-Martin.
Le début de l’étape fut très semblable aux étapes précédentes en terme de population, de type de végétation et de paysages. Mais lors du passage en Espagne, tout changea. Tout d’abord, il y avait une grande majorité de maillots oranges sur le bord de la route. Cela donnait l’impression que quelqu’un avait distribué des T-Shirts aux spectateurs car presque tous avaient le même maillot si bien qu’au loin quand on regardait les lacets du col, on distinguait un liseré orange nous en lieu et place de l’habituelle ligne grise de bitume à travers la montagne.

Ce qui me frappa tout de suite quand nous sommes arrivés vers le haut du col espagnol fut la présence de militaires espagnols armés de mitraillettes dans les hauteurs ! Deux ou trois fois, j’en aperçus. Après renseignement pris auprès du chef caravane, l’ETA avait brûlé une maison sur le parcours de l’étape et le gouvernement espagnol avait renforcé en conséquence le dispositif de sécurité. Vers le haut du col, le paysage devenait lunaire. Absence de végétation, pentes escarpées. Le retour en France nous fit retrouver des paysages plus verdoyants.

Les deux derniers cols furent montés rapidement pour une fois. Cela tenait à la configuration de la ligne d’arrivée en altitude mais au sommet d’un col qui redescendait immédiatement. La montée de l’Aubisque fut moins lente que les arrivées au sommet habituelles. J’eus tout de même le temps de me prendre une portion de frites à la mayonnaise sur le pare-brise.

Ce qui me fit d’abord peur car je me suis vraiment demandé ce que j’avais tapé ou récupéré puis qui me dégouta car de la mayonnaise étalée sur une vitre chauffée pendant une journée complète au soleil, ça sèche et ça devient très délicat à enlever.
J’ai fini avec une grosse tâche sur le bord supérieur gauche de mon pare-brise. Je fus assez chanceux de ne pas me prendre le projectile par la fenêtre conducteur, ouverte comme toujours lors de s arrivées…Je pense que cela m’aurait encore plus réjoui que de goûter à des frites mayo à 16h30 sur mon T-Shirt !
Arrivés en haut, nous devions rejoindre la vallée après le col du Soulor prolongeant le col d’Aubisque où était jugée l’arrivée, ce qui nous rajoutait 40km. Nous avions interdiction de nous arrêter dans la descente pour éviter de créer des bouchons dans l’évacuation.
Cependant après une étape de 6h sous le soleil à boire abondamment, on doit forcément se soulager et pour certain(e)s, cela relevait de l’ordre de l’impossible. Nous nous sommes arrêtés sur un bas côté en prenant soin de ne pas gêner les véhicules nous suivant et avons vite repris le train des autres véhicules de la caravane arrêtés un peu plus loin.

En haut de l’Aubisque, la gendarmette s’occupant de l’évacuation m’avait dit de faire attention aux vaches et aux moutons dans la descente ce que je n’avais pas vraiment compris. Il ne m’a pas fallu longtemps pour réaliser ce dont elle parlait. Quelques centaines de mètres après être repartis, nous nous trouvions face à une vache en plein milieu de la descente. Celle-ci ne semblait guère effrayée par notre présence et prit tout son temps pour rejoindre l’autre côté de la route. Plus loin et plus vicieux, dans la descente au milieu d’un virage sans visibilité, un groupe de mouton là aussi au milieu de la chaussée. Ceux-là ont eu vraiment de la chance car sans visibilité, nous avons failli les percuter et heureusement que nous descendions prudemment. Certains motards auraient pu les percuter comme pour rire.

Arrivés dans la vallée, nous avons effectué le rituel du démâtage puis j’ai nettoyé mon pare-brise. J’ai passé un certain temps car la Mayonnaise avait déjà au le temps de bien sécher dans la descente. C’était gras, la couleur avait viré au écru jaune, c’était peu ragoûtant surtout en fin de journée quand la faim commence à se sentir.
Puis nous sommes repartis vers notre bel hôtel de Tarbes que nous avons rejoint rapidement, l’évacuation étant très bien faite ce soir-là.

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Partie 46 : Gros coups de chaud au retour

par martin le 11/03/2008 | 15 h 00 min | Article lu 9 fois

En repartant du lac à la fin de l’après midi, j’ai remis le T-shirt et n’ai pas vu tout de suite que c’était assez rouge par contre, pour ce qui est des pieds, là j’avais remarqué directement, pensant au départ à une allergie au sable ou à quelque chose dans l’eau car la peau était rouge mais de manière inégale, un peu marbrée. Cela faisait plus réaction allergique que coup de soleil et je dois admettre que jamais je n’aurais imaginé avoir des coups de soleil aux pieds…avant ce jour du moins.

Le soir, c’est marrant, je n’avais pas vraiment de douleur. Je sentais que ma peau était bien moins souple qu’à l’accoutumée mais je ne remarquais pas trop que j’étais brûlé, j’avais juste très chaud et mon ventre ‘brillait’ un peu dans le noir. On pouvait distinguer la marque de mon walkman que j’avais posé au niveau de mon nombril et les fils des écouteurs montant vers ma têtes. Impressionnant !
Mes pieds, quant à eux étaient réellement cramoisis, tendant plus vers le bordeaux que le rouge mais à part en serrant fort mes chaussures, je ne sentais pas non plus grand-chose. J’étais assez étonné, je m’attendais à pire que cela. Alors, à l’hôtel, le soir, après avoir immortalisé mon corps brûlé en photo, je suis parti en recherche de crème Biafine. Personne ou presque n’en avait. Mon salut sera venu d’une hôtesse du Faillitaire. Malheureusement, elle n’en avait plus qu’un fond et l’état de ma peau aurait nécessité des applications répétées. Pas grave, je me suis contenté de lait hydratant.

Les lendemains en voiture allaient être assez pénibles. Je mettrais la climatisation fraîche uniquement sur les pieds. Du moins, c’est ce que je me disais à cet instant. Car à l’usage, c’était tout à fait supportable. Le port de la ceinture de sécurité était assez pénible. Celle-ci avait tendance à irriter la peau de mon abdomen déjà bien déshydratée et moins souple qu’auparavant. Quand la gêne occasionnée se rappelait à mon bon souvenir, je me souvenais alors de l’erreur que je ne ferai plus, c’est-à-dire de ne pas mettre de crème solaire sur les parties masquées avant de les exposer.

Le parcours du retour dans le bus non climatisé parut long et fut très chaud. Encore cette fois, j’avais fait le porteur d’eau, au sens propre du terme, pour mes collègues, en emportant plusieurs bouteilles d’Aquarel stockées dans mon véhicule, dans mon sac et avais ensuite fait la distribution aux personnes assoiffées et à proximité sur la plage, si bien que dans le bus, je n’avais plus rien à boire pour moi. Plus que la chaleur, une émotion forte allait tous nous secouer dans le bus. L’exclusion de l’équipe Astana de Vinokourov suite à un contrôle positif de ce dernier à la transfusion sanguine homologue lors du contre la montre d’Albi remporté après des performances hors du commun.

Une équipe de moins ! Et pas n’importe laquelle, sûrement la plus forte sur le papier au départ du Tour. A ce moment-là, je repensais à ces vélos que j’avais vus à Londres. Ces vélos que je pensais être ceux du vainqueur (Vino) et de son équipe. Ce soir, ils seraient tous partis.
En plus de ces exclusions, il fallait ajouter les soupçons de plus en plus forts sur les maillot jaune et blanc, respectivement premier et deuxième du classement général à ce moment-là.
L’ambiance allait prendre des allures de Tour 1998 si cela continuait ainsi… « Et on donne rendez-vous à l’année prochaine »

Mais nous concernant, le public n’allait pas changer, nous en avions la certitude. Les spectateurs seraient toujours aussi présents sur le bord de la route, prêts à nous accueillir à bras ouverts et cela nous réconfortait intérieurement, cela permettait de chasser la déception de ces exclusions.

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Partie 45 : Journée de repos sous le soleil

par martin le 10/03/2008 | 15 h 00 min | Article lu 121 fois


La seconde journée de repos avait donc lieu, nous concernant, au Première Classe de Tarbes. Globalement, dans le même style que le Formule 1 à une différence près, la douche et les toilettes dans la chambre, l’hôtel Première Classe est vraiment semblable en terme de taille et de standing au Formule 1. Concernant le coin sanitaires, ce qui est pratique, c’est que c’est tellement petit qu’on pourrait presque tout faire en même temps…Je passe les détails.

Bref, on pouvait dire que nous avions ainsi la chance de passer la journée de repos dans un très joli hôtel :S.

Trêve de plaisanterie, ce qui était vraiment excellent, c’est que le Campanile situé juste à côté hébergeait l’équipe Milram et l’assistance médicale du Tour.
Au réveil du jour de repos, tout comme lors de la première journée, plus de petit déjeuner au réfectoire de l’hôtel. Je me suis donc fait un petit déjeuner dans le pick-up en regardant le team Milram se préparer puis partir rouler accompagnée de son staff. Préparation des bidons, alignements des vélos et enfin descente des coureurs. J’ai assisté à tout, c’était un spectacle intéressant à regarder car même en participant au Tour de France, rares sont les moments pendant lesquels on peut voir le fonctionnement d’une équipe cycliste de l’intérieur. D’ailleurs, j’ai remarqué qu’au sein d’une équipe cycliste, certains soigneurs ou membres de l’équipe roulaient avec les coureurs à l’entraînement. Du moins, ce jour-là, c’est bien ce qu’il se passait. Et le moins qu’on puisse dire est que toutes ces personnes étaient bien affûtées, certes moins que les coureurs mais tout de même. Ils semblaient en très bonne forme et avaient fière allure sur le vélo, le même que celui des professionnels. Simplement, ceux-là étaient montés à leurs cotes.

Après une heure ou deux, vint le moment de partir pour la journée d’activité. Il s’agissait d’une journée, après-midi en réalité, à la base de loisirs de Orthez. Un grand buffet nous y attendait. Pour l’aller, j’ai eu la chance de prendre place à bord d’une des camionnettes de la société. Le trajet parut assez rapide. Le reste des caravaniers, des retardataires ayant oublié de se lever, ayant oublié l’heure du départ suivaient dans le bus.

Le buffet a été somptueux. Crudités, charcuteries, pains divers, fromages, desserts, fruits, boissons. Il y avait un peu de tout et en grande quantité. Maracoudja et son prestataire de restauration avaient fait les choses en grand ! Je me souviens que même en prenant deux assiettes (assiettes de taille moyenne en plastique jetable) cela débordait.
Au niveau des activités prévues l’après-midi, c’était selon les souhaits de chacun. Certains avaient amené leur ballon (foot, rugby). On pouvait louer des pédalos ou faire de la bouée tractée mais d’après ce dont je me souviens, je ne pense pas que quiconque ait fait ce genre d’activité. Ce fut nage, détente dans la bonne eau fraîche et bronzette.

En ce qui me concerne, la bronzette se transforma en barbecue à l’insu de mon plein gré. J’explique. En arrivant sur la plage en caleçon de bain et T-shirt, je me suis enduit copieusement de crème solaire comme, ma mère étant petit et les médias plus récemment, me l’avaient toujours dit. Venant du Nord et étant un nordiste de souche, bien blanc, je n’ai pas pour habitude de jouer au plus malin avec le soleil. Pourtant, ce jour-là, j’ai complètement oublié que j’avais des chaussures et un T-shirt quand je me suis protégé. Résultat, tout fier de m’être protégé, je suis allé barboter dans l’eau puis m’allonger au soleil pour me sécher et me reposer. Et là, le drame ! J’avais, vous l’aurez compris, oublié le ventre et les pieds. Erreur de jeunesse et oubli que je ne ferai plus je vous l’assure.

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Partie 44 : Un hôtel de première classe

par martin le 09/03/2008 | 15 h 00 min | Article lu 7 fois

Pendant l’évacuation, ce qui devait arriver arriva, une belle averse orageuse qui nous ralentit car nous suivions des camping-cars sur des routes très étroites. Finalement, nous sommes arrivés sans encombre à Tarbes où le soleil était revenu. Nous avons tout de suite chargé les véhicules et avons préparé le chargement des véhicules partis rendre visite à RMC.

Puis, nous commençâmes l’installation dans les chambres (magnifiques) du Première classe de Tarbes. La classe ! Un première classe avec climatisation (ce qui est bien..) mais qui ne fonctionnait pas (..mais pas top) dans lequel des insectes noirs étaient signalés mais inoffensifs. Sympa !

Rapidement, je me suis rendu compte que quelque chose n’allait pas avec la carte magnétique d’accès à la chambre. Après un détour par l’accueil, la responsable m’a expliqué que la chambre que j’occupais avec mon collègue était ‘problématique’, qu’une réparation avait été faite, visiblement pas assez efficacement…et que je risquais d’avoir des soucis pour rentrer et qu’il faudrait surement que j’utilise la clé de secours, ouvrant toutes les portes de l’hôtel, pour rentrer la nuit ! Sympa !
A ce moment-là, je me suis dit qu’il n’y avait qu’à moi que ça arrivait ! Sur ce coup-là, c’était le cas.
La porte serait réparée le lendemain. La galère !

A ce moment-là, comme pour faire passer le goût amer de cet épisode, la responsable de la société me demanda d’aller récupérer une hôtesse arrivée à la gare. Elle venait pour remplacer une autre hôtesse ayant du partir. Je connaissais bien cette hôtesse pour avoir travaillé avec elle dans la caravane les deux années précédentes et pour l’avoir eu comme passagère dans mon véhicule à chaque fois. C’était donc avec grand plaisir que je partais dans un mini van la chercher à la gare. J’avais l’impression d’être assis sur une chaise et de conduire un bus avec le levier de vitesse de 70cm de long ! Le véhicule avait moins de 6000km au compteur et donnait l’impression d’en avoir 200000 ! On aurait dit qu’il avait été accidenté tellement il présentait de jeu dans les cardans, la direction et la boîte de vitesse. Avec ce véhicule en fort mauvais état, je devais aller à la gare que je ne situais pas du tout et la conduire à son hôtel que je ne situais pas non plus. Cela promettait ! Mais j’aime les défis.
Parti à l’instinct, j’ai rapidement trouvé la gare en suivant les nombreux panneaux. La charmante demoiselle m’attendait devant. Parfait, ça c’était fait ! Puis en fait, nous avons eu bien le temps de nous raconter notre vie depuis un an…j’ai fait le tour de Tarbes complètement puis en suis sorti pensant prendre la direction de l’hôtel. Arrivé à 10km de Lourdes, j’ai fini par faire demi-tour. L’hôtel avait en effet été indiqué mais uniquement pendant un court instant et visiblement dans une direction opposée.

En effet, sur le retour, l’indication de son hôtel apparut évidente et l’itinéraire devint presque enfantin. Mais ce temps passé sur la route ne me sembla pas long car j’étais content de la revoir et de prendre de ses nouvelles.

En plus, le restaurant du soir se situait près de cet hôtel. J’ai donc guidé les personnes jusqu’à cet hôtel. C’était un restaurant bien cool auquel nous avions déjà mangé les années précédentes. A l’aller comme au retour, il avait fallu faire des navettes, le parking de l’hôtel était très pris et partir signifiait ne pas forcément revoir sa place et il n’était pas envisageable de faire « dormir » les véhicules dehors.

A la sortie de l’hôtel, la responsable de la société m’avait confié la clé pour que je puisse rentrer dans ma chambre. De retour du restaurant, je suis rentré à l’hôtel tout heureux avec ma clé. Bien sûr, quand je suis arrivée avec la clé, la carte a fonctionné ! Je suis ensuite allé remettre la clé sur le siège, dans la benne du véhicule, sous la bâche protectrice, calée avec des cartons, tout cela dans le noir. Même le vigile sur le parking de l’hôtel s’est demandé ce que je faisais, j’ai bien montré que c’était mon véhicule en ouvrant et en refermant, en affichant ostensiblement mon accréditation autour du coup. J’avais l’impression de préparer un Fort Boyard !
Le sommeil ne tarda pas à venir et je suis tombé de fatigue.

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Partie 43 : Que de bons souvenirs !

par martin le 08/03/2008 | 23 h 35 min | Article lu 17 fois

Le col de Mende fut vite monté après avoir descendu le Portet d’Aspet. Puis il y eut un petit passage à vide dans l’étape avant d’attaquer les deux dernières difficultés de la journée, le Port de Balès et le col de Peyresourde. Ces deux cols étaient très impressionnants. La foule était présente en nombre !

Ces deux difficultés ont été, comme d’habitude, montées lentement, le temps de laisser monter tous les véhicules sans écraser personne. La lenteur de progression a été propice encore cette fois-là à de joyeuses rencontres.

Tout d’abord un monsieur d’une soixantaine d’année dans le bas de la montée du col de Peyresourde. Un maillot de foot peut attirer ou repousser. Cette personne avait un maillot du RC Lens et étant moi-même originaire du Nord, j’ai facilement reconnu ce maillot et ai entamé la conversation en saluant cet homme. Rapidement, le contact s’est fait. Comme la grande majorité des personnes du Nord, ce monsieur était ouvert et parlait facilement. Rapidement, le contact s’est établi. Il me raconta qu’il suivait le Tour depuis 47 ans (!!) et que chaque année, il venait en vacances à cet endroit pour suivre le passage des coureurs. Il m’a aussi expliqué quelles émissions il aimait écouter sur RMC, l’une de ses radios préférées, qu’il supportait le RC Lens évidemment. Le contact établi, il m’a demandé de lui expliquer ce que je faisais dans la vie. Je lui ai raconté que je venais du Nord. Il était enchanté et s’est alors rapproché du véhicule et accoudé à la vitre. C’était vraiment bon enfant. Je lui ai proposé à boire et à manger parmi ce que je n’avais pas mangé, il a décliné. La caravane a redémarré et il m’a souhaité bonne route, espérant me revoir l’année prochaine. Un spectateur adorable comme on en voit vraiment souvent sur le Tour. Un passionné. J’ai encore en mémoire clairement sa tête sympathique.

Avant le dernier versant du col de Peyresourde, ce fut ensuite un groupe de personnes (hommes et femmes) toutes déguisées en « cheerleaders » (Save the cheerleader, save the world…). Là aussi, on avait pas mal ralenti et on a pu discuter quelques secondes avec eux. Ils étaient aussi très aimables et nous ont chambré en nous proposant de l’eau faisant semblant de nous arroser. Finalement, ils nous proposaient simplement des bouteilles d’Aquarel qu’ils avaient eues par la caravane Nestlé passée avant nous. Vraiment très gentils ces personnes.

Tous ces gens tranchaient dans leur comportement avec ce qu’on allait trouver dans les derniers hectomètres du col de Peyresourde. Les derniers lacets du col étaient remplis de supporters dont beaucoup de basques avec les bérets, les maillots orange, les drapeaux et parlant basque ou espagnol. Ça tapait sur les véhicules, les gens se jetaient entre les véhicules et semblaient agressifs, ce qu’ils étaient de temps en temps ! Il fallait vraiment faire attention, certains paraissaient fortement alcoolisés et dans un état second, parfois torse nu. Les derniers mètres furent assez stressants. Il fallait regarder devant évidemment, mais aussi sur les côtés pour voir si on ne blessait personne avec les rétroviseurs, derrière pour faire attention que l’hôtesse ne se fasse pas ‘agresser’, que sa polaire ne soit pas subtilisée dans la benne. Une attention de tous les instants très intense.
Malgré le spectacle inimaginable de cette montée, j’étais très soulagé d’être arrivé en haut sans avoir touché personne de sobre. Certains basques peu attentifs ont pu se prendre un rétro ou deux, ce n’est pas faute d’avoir joué du klaxon ! L’alcool, le soleil, l’euphorie ou la bêtise doivent surement rendre un peu sourd…

La descente nous mena à l’arrivée où le temps semblait vouloir se gâter mais j’avais la tête dans les souvenirs de la montée précédente. Que de bons souvenirs, que de belles rencontres !

A l’arrivée, la caravane s’est scindée en deux groupes. Un de ces groupes voulait aller rencontrer les journalistes de RMC en zone technique, ce que nous voulions tous faire depuis le début du Tour. Mais ce soir tombait mal car, après avoir enchaîné plusieurs journées longues avec liaisons le matin et le soir, nous étions assez creuvés et nous devions nous rendre à Tarbes à l’hôtel, ce qui nous promettait encore de la route.
Pour le retour, de la demi-caravane dont je faisais partie dut partir avec une autre caravane pour bénéficier de la carte bancaire et du GPS, le fameux guide routier.

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Partie 42 : Pyrénées, deuxième, action !

par martin le 06/03/2008 | 22 h 30 min | Article lu 4 fois

Pour nous rendre au départ de Foix, nous avions encore de la route. Il a donc fallu partir tôt…Encore ! La journée de repos ferait un bien fou, nous en étions tous convaincus. Et cette idée nous motivait fortement à l’entame de la deuxième journée de montagne pyrénéenne.
La première avait été forte en émotions, en rencontres et nous en avions pris plein les yeux dans la montée finale avec un public haut en couleurs et très agréable. Cependant, l’étape du jour promettait d’être magnifique également avec une succession de cols – sur le papier - classés plus faiblement que ceux de la veille mais quelle succession !
Col du Port, col du Portet d’Aspet, col de Mende, le Port de Balès et col de Peyresourde !

Le temps était magnifique au départ ce matin-là. Le parking était un vrai parking caravane tant et si bien qu’on avait l’impression qu’il manquait des caravanes !

Sur la route, dès le départ, beaucoup de ronds-points et de terre-pleins étaient couverts de ballots de paille enveloppés sur lesquels on pouvait lire différents inscriptions plus ou moins cocaces et/ou insultantes envers les pouvoirs publics, l’Etat ou ses représentants concernant la réintroduction de l’ours.
Comme vu précédemment, je ne sais pas quoi penser de ce ‘problème’ si cela en est un. Déjà les années précédentes, nous avions été confrontés à des manifestations de locaux et de bergers concernant ce problème. Nous avions été bloqués pendant une étape. Des barrages filtrants avaient été placés sur la route. Là, pas de barrage, pas de blocage. Peut-être y en a-t-il eu et que ceux-ci ont été désamorcés à temps. Je ne sais pas.

Toujours est-il que le paysage, ours ou pas, était vraiment somptueux. La luminosité et les effets de lumière dans les nuages étaient vraiment magnifiques.
L’étape, quant à elle, était très suivie par les spectateurs. Il y avait beaucoup de monde et plus nous avancions, plus le nombre de spectateurs augmentait.
Les premiers cols furent peu remplis et plus nous avancions, plus le nombre de spectateurs augmentait. Ainsi, sur les premiers cols de la journée, il y avait du monde, mais pas énormément, la pente étant trop raide et l’espace autour de la route étant trop faible. Le Portet d’Aspet, extrémement raide et très dangereux, n’était que peu rempli. Le passage à côté de la stèle en hommage à Fabio Casartelli m’a vraiment fait froid dans le dos. De plus, la route est vraiment très escarpée à cet endroit précis, ce qui rajoute au côté angoissant du passage.

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Partie 41 : Le plateau de Beille

par martin le 05/03/2008 | 15 h 00 min | Article lu 48 fois

Après le passage de ces quelques ‘relous ‘ comme on pourrait les appeler, le reste de la montée fut rempli de personnes joyeuses et marrantes. Nous avons souvent été arrêtés, nous redémarrions pour quelques mètres puis mettions le frein à main pendant plusieurs minutes.

On a encore pu rencontrer le public. C’est vraiment agréable ce contact. A distance, les gens sont souvent un peu mécaniques. Ils font de grands gestes, ont dans le regard quelque chose d’un peu effrayant, un regard de prédation, ils ne veulent qu’une chose obtenir quelque chose. Lorsqu’on est à l’arrête on retrouve les vrais gens. Les êtres humains sous les supporteurs. Ceux-ci sont en plus très souvent vraiment gentils et ouverts. Ils nous racontent leurs histoires, leur vie, parfois touchante.
Il y a aussi les personnes déguisées. Cette année, il y avait dans cette montée un homme déguisé en ‘Borat’, tout un groupe déguisé de façon un peu trash. Il y avait un phallus, un policier en talons et bas sexy, un sumo, un moine… Ils étaient tous superbement déguisés et nous saluaient très chaleureusement lorsque nous passions. Plus loin, une pancarte, « RMC, l’apéro, c’est là que ça se passe », en référence au slogan de la radio étant « RMC, maintenant, c’est là que ça se passe ».

La fin de la montée était pleine de spectateurs. On avait commencé à voir quelques supporteurs drapés des couleurs du pays basque pendant la journée et on en retrouvait quelques uns ici ou là. T-Shirts orange à l’effigie de l’équipe Euskaltel Euskadi, drapeaux du pays basque autour du coup ou mis en cape. On les reconnaissait de loin. Ils nous parlaient en basque :« Hopa, hopa » ou en espagnol pour désigner les hôtesses : « guapa, guapa ».
Plus nous montions, plus la foule était dense mais moins la végétation l’était par contre. Arrivés en haut du plateau de Beille, nous avons été dirigés après la ligne sur la droite et orientés vers les hauteurs par une route forestière. Nous sommes montés à flanc de montagne afin d’être positionnés en descente pour l’évacuation. Le chemin en terre et en cailloux sur lequel nous étions garés était raide et en mauvais état. Je n’ose pas imaginer ce que cela aurait été par temps de pluie, ce qui n’était heureusement pas le cas.
Une fois garés et le frein à main fortement serré, la pente nous rappelant qu’il fallait bien bloquer le véhicule, nous étions en pleine montagne. Nous sommes redescendus après le rituel ménage dans le véhicule et le rangement et pliage des drapeaux. Il fallait que tout soit paré pour le départ de l’évacuation qui n’attendrait pas qu’on soit parés pour laisser partir tout le monde avec ou sans nous.
L’endroit où nous étions était infesté de mouches. Le genre de mouches à merde qu’on retrouve autour des bouses de vache. Pas très agréable. Rapidement, nous sommes descendus voir l’arrivée pendant que certains restaient à ne rien faire ou à discuter autour du nécessaire de camping que les caravaniers de Narbonne Accessoires avaient sorti pour prendre l’apéro.

Après la remontée de toute la caravane en descendant la pente, nous sommes arrivés au plateau de Beille là où étaient stationnés les hélicoptères et où étaient parqués les véhicules techniques. Très impressionnant d’ailleurs de voir ces machines au milieu de la nature ! Au niveau de l’arrivée, un écran géant avait été placé. Nous nous sommes installés devant et avons regardé l’arrivée en direct, sur le grand écran et en face de nous à quelques mètres en tournant la tête.
Le final fut splendide avec une passe d’armes mémorable entre Rasmussen, portant le maillot jaune et Contador portant le maillot blanc. Ce dernier l’emporta sur le fil. Et fut happé dès son arrivée par la foule de soigneurs, journalistes, personnels du protocole et de l’organisation. Une fois les premiers arrivés, il était temps de remonter progressivement pour être parés lors du déclenchement de l’évacuation.Finalement, on passa encore quelques longues minutes en haut. Heureusement qu’il y avait des chaises de camping pour se reposer !
La sirène de la garde républicaine sonna et petit à petit on quitta le plateau de Beille laissant derrière nous les magnifiques paysages. L’évacuation se passa parfaitement bien ce qui était une grande nouveauté cette année après les échecs mémorables du Grand-Bornand et de Tignes. Cela n’était pas pour nous déplaire car nous avions beaucoup de route. Nous retournions dormir à Toulouse au même hôtel que celui du matin, sous la fusée.

La route a encore été longue mais elle ne le parut pas trop car nous avons roulé constamment et n’avons pas trop été ralentis. Rapidement sur autoroute, nous avons gagné l’hôtel sans trop nous rendre compte du temps passé à rouler.
Après le plein des véhicules et le chargement, la douche fut bonne car la journée avait été très longue. Le dîner du soir également, au même restaurant que la veille. Comme la veille, le sommeil ne tarda pas à venir. La fatigue accumulée était importante et la journée suivante s’annonçait encore longue et chaude. Heureusement, la deuxième journée de repos arrivait à point nommé pour recharger les batteries un peu vidées ces derniers jours.

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