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Partie 27 : Magnifiques moments aux Orres

par Martin le 18/02/2008 | 15 h 00 min | Article lu 5 fois

La montée finale vers les Orres arrivait comme la cerise sur le gâteau. Les 15 derniers kilomètres furent vraiment jouissifs ! Personne devant, personne derrière, quatre pick-up puissants dans les mains…une bien belle équation pour une non moins belle fin de journée ensoleillée. Après la journée passée à rouler lentement, nous nous sommes fait plaisir en utilisant la puissance des véhicules. Non pas en dépassant les limitations de vitesse mais en appuyant un peu sur l’accélérateur sur les petites routes de montagne en restant bien entendu très prudents. Pas question de rouler inconsciemment et de planter les véhicules.

Personnellement, cette montée avait une saveur toute particulière. L’année précédente, j’étais monté aux Orres en Jeep essence surchargé de 350kg de matériel de sono et après un détour mémorable et nerveusement très éprouvant. Cette Jeep qui était complètement étouffée en montagne, qui manquait cruellement de puissance, dont le freinage était plus que limite et dont l’embrayage chauffait à la limite de la fonte à chaque redémarrage en côte.

Venant de Gap et après un orage dantesque qui avait inondé la Jeep dont le seul toit était une toile plastique trop petite, j’avais conduit avec 5-10cm d’eau aux pieds selon l’inclinaison de la pente, le derrière au frais, les sièges étant trempés et frigorifié par la pluie, le froid et surement aussi la peur, avec du recul. Peur de rester bloqué en redémarrant maintes fois sur cette corniche où nous peinions à monter, sur laquelle se croiser était tout une histoire et sur laquelle nous devions croiser bien des touristes descendant, la route normale étant bloquée par une coulée de boue. Peur de glisser avec l’adhérence précaire de la Jeep montée de pneus de franchissement de 22 pouces. Peur enfin de ne pas voir un obstacle avec la pluie, les essuie-glaces inefficaces et les phares faibles. L’ascension, même en poussant à fond avait été vraiment pénible pour la Jeep et le Pathfinder (équivalent du pick-up que j’avais cette année en SUV) me précédant devait presque freiner pour ne pas me larguer dans la nuit car avec tout cela, nous étions arrivés très tard, vers 21h30-22h à l’hôtel des écrins aux Orres.

Pouvoir monter sans se demandant si j’allais y rester ou si le véhicule aurait assez de force pour me porter jusqu’en haut était un grand soulagement manifesté par cette volonté de pousser dans les reprises d’après lacets. Le Navara ne demandait que cela en plus. Bridé à des vitesses indignes de sa puissance de franchisseur sur les étapes, le véhicule prenait plaisir à se lâcher et ça se sentait.
Nous sommes arrivés en haut très vite et avons eu droit à une place de parking sur la place des Orres. Là aussi, grand changement. L’année précédente, arrivés les derniers nous avions du nous garer à l’écart de la station. Point de tout cela cette année.

Une fois les véhicules garés, vidés et les bagages récupérés, nous avons retrouvé l’accueil si sympathique de l’hôtel. Dans les chambres nous attendaient les traditionnels paquets cadeaux avec des échantillons de produits alimentaires, céréales, friandises. Ces derniers ont été tout droit dans la glacière pour les jours suivants de sandwichs aux poulet que je détestais. Et ces jours revenaient tous les 4 jours du fait du roulement des sandwichs. Ces jours-là, n’aimant pas le poulet froid, je faisais ma journée sur une compote, un fruit et de l’eau. Quand je n’avais pas peur d’avoir mal au ventre, je mangeais également quelques échantillons alimentaires de la caravane mais ce n’était guère digeste…et très calorique sans réellement donner beaucoup d’énergie.

Comme l’année dernière, le repas était royal. Buffet d’entrée avec crudités, charcuterie puis plat de pâtes avec accompagnements différents selon la préférence de chacun puis fromage râpé. Je n’avais pas mangé de pâtes depuis très longtemps même peut-être depuis le départ du Tour, je me suis donc réellement goinfré et vraiment régalé. En plus d’avoir bien mangé, nous n’étions pas seuls dans cet hôtel. Il y avait également des journalistes de France Télévision, de la radio. Nous avons pu voir des têtes connues. C’était marrant de les voir en vrai, de les voir déconner avec les autres sans la retenue nécessaire à leur métier.

Fatigués par la longue journée mais pas réellement décidés à aller nous coucher, l’envie de profiter de la montagne étant la plus forte, nous avons été faire un tour dans la station étonnamment calme pour un mois de Juillet. Après des discussions sympathiques, nous nous sommes séparés et une hôtesse m’a accompagné dans la montagne pour nous balader et observer. J’avais vraiment envie d’aller me balader dans la montagne ‘by night’ et cette dernière m’avait déjà fait part de son envie, envie partagée, d’aller observer les étoiles. L’endroit était idéal. Altitude, ciel dégagé, plan incliné. Nous nous sommes retrouvés là, au milieu d’une pente couverte d’herbe, dans le noir le plus complet avec une simple LED blanche pour nous guider, observant les lumières de la station au loin. Allongés, nous sommes restés à contempler les étoiles dans le silence de la montagne. C’était vraiment extraordinaire. Un magnifique moment de communion. Pendant un temps difficile à estimer, nous avons quitté le Tour et avons plongé dans l’infini du ciel étoilé de nuit. Un moment magique comme on n’en vit que trop peu. Un moment intemporel. Un moment dont on se rappelle longtemps après le Tour.

Après ce grand moment, nous sommes redescendus du nuage où nous étions montés et à la station afin de retrouver les autres et me concernant pour aller trouver un sommeil vraiment attendu.

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Partie 26 : Dernière étape alpestre 2/2

par Martin le 17/02/2008 | 16 h 00 min | Article lu 6 fois

En haut du Galibier restaient encore à parcourir 40 kilomètres en descente donc sans vraiment beaucoup de spectateurs à part dans les derniers kilomètres. Tout doucement, la caravane se dirigea vers Briançon. Heureusement pour nous, le président fit la fin de l’étape dans la voiture du directeur de course, ce qui nous permit de nous faire doubler par son escorte, une attraction non négligeable. En effet, quoi de mieux qu’un cortège de motards, de grosses berlines françaises et de voiture de police banalisées descendant à toute allure et nous doublant pour faire passer le temps ? Quoi qu’il en soit, la remontée de l’escorte présidentielle a été très impressionnante.
Pas tant que le dispositif de sécurité. Je ne l’ai pas vu mais d’après les hôtesses, des tireurs étaient disposés un peu partout en ville sur les toits et les policiers habituellement présents déjà en nombre l’étaient encore plus. Plusieurs hélicoptères survolaient la ville et les environs. Vraiment fort !

Maintenant la frustration.

Une fois la ligne d’arrivée franchie. Je m’attendais, comme je pense beaucoup de caravaniers, à garer le véhicule pas trop loin de l’aire d’arrivée et à aller voir le président, même de loin. Seulement, ce n’est pas vraiment ce qui était prévu par l’organisation de la course. Le parking caravane était situé, comme au Grand-Bornand quelques jours auparavant sur une route en impasse, montant à 3-4 kilomètres au loin de Briançon. Non seulement nous n’allions rien voir de l’arrivée ni du président mais en plus, on nous garait complètement en dehors de la ville, ce qui allait encore être une galère complète pour repartir.

Derniers dans la caravane impliquait encore une fois derniers à repartir pendant l’évacuation. Bref, cela s’annonçait bien. En plus, comme au Grand-Bornand, nous n’avions encore cette fois-ci aucune information sur l’heure à laquelle nous pourrions quitter la ville et rentrer à l’hôtel.

Après avoir garé et nettoyé le véhicule, nous avons mis le temps qu’il nous restait avant de repartir pour découvrir les environs. Un bruit arriva à nos oreilles. Celui qu’un ruisseau coulait pas loin de là où nous étions garés, en contrebas. Nous avons suivi les pas des autres caravaniers présents et été nous poser pour quelques minutes près de ce cours d’eau. L’atmosphère était d’un seul coup bien plus détendant que d’attendre en haut avec le bruit des hélicos. Le bruit de l’eau dévalant la pente et es brisant sur les rochers était grisant. Certains se sont baignés, d’autres (les hôtesses) ont fait un peu de bronzage, comme on peut bronzer par un temps qui se couvrait de plus en plus et avec un vent assez fort.

Finalement, le signal vint et nous rappela à nos véhicules. L’évacuation allait commencer. Encore une fois, entre le signal et l’action il y a eu un certain, grand…trop grand temps. Et finalement, au pas, nous sommes descendus et avons pris la direction de notre hôtel du soir. L’hôtel des écrins aux Orres, un hôtel, une sorte d’UCPA où nous avions passé la journée de repos l’année précédente. De très bons souvenirs ! J’étais donc pressé de retourner là-bas.

L’excitation :)..enfin ;)

J’étais excité à l’idée de retourner dans ce bel endroit. Sans compter que la station des Orres se situait, au détour de la montée près, sur le chemin de la ville de départ du lendemain Tallard. En faisant plus de route le soir, on se rapprochait ainsi du lieu de départ du lendemain. Un plutôt bon calcul, quelques minutes de sommeil étant toujours bonnes à prendre surtout après une nuit très courte (je ne vous refais pas le coup du pléonasme…avec le Formule1…), une longue journée dans les Alpes et un transfert, non mois long.

La motivation était donc présente au moment d’entamer la troisième partie de route de la journée, le chemin de l’hôtel. Il en a fallu ! Ce qui semblait être ‘piece of cake’ sur le papier et sur le road book ne l’était pas vraiment. De la nationale, avec des traversées de villages, des camping-cars devant nous, un monde fou sur la route. On a mis facilement le double du temps noté sur le road-book pour rejoindre les Orres. Certes, nous avons fait le plein avant de monter à la station. Cela était fait pour le lendemain encore une fois.

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Partie 25 : Dernière étape alpestre 1/2

par Martin le 16/02/2008 | 23 h 40 min | Article lu 6 fois

Une fois le signal de départ donné, le départ réel de la caravane du parking est toujours donné après un temps de latence dépendant de l’emplacement dans la caravane. A cause de cela et de notre placement dans la station de Val d’Isère ce jour-là, nous avons eu bien le temps d’admirer le paysage offert par la station. Le ‘à cause’ devint un ‘grâce’ en quelque sorte ce matin-là. Entre les chalets anciens bien conservés, les vaches dans les prés et les flancs de montagne verdoyants par ce magnifique temps de matin. On ne savait pas trop où donner de la tête. En plus de saluer les spectateurs, la vue attirait notre attention.

La particularité de l’étape de ce jour résidait dans deux choses. Tout d’abord, le fait que la route s’ élevait au plus haut du Tour, en haut du col de l’Iseran, que l’étape débutait directement par la montée de ce col, qu’un second col mythique était au programme en fin d’étape, le Galibier et enfin que l’arrivée jugée à Briançon accueillait le président de la république, fan de cyclisme et du Tour.
Tout cela en une seule étape ! La journée fut belle, longue, frustrante et enfin excitante …

Commençons par la beauté.

Les premiers kilomètres offrirent à nos yeux fatigués et pourtant grands ouverts un spectacle comme seule la montagne peut l’offrir. Un spectacle de virginité, de pureté végétale et minérale. L’Iseran est un col magnifique dont les alentours ressemblent assez aux Pyrénées par leur côté vierge et rocailleux. Ce sentiment était renforcé par la fraîcheur matinale qui se ressentait crescendo à mesure que nous montions les lacets du col jusqu’à atteindre les 2770m du haut du col. La montée s’est faite à vitesse assez soutenue, début d’étape oblige, ce qui pour une fois était assez dommage. J’aurais bien aimé prendre le temps de contempler la vue et de graver ces images dans mon esprit, ce que j’ai fait mais comme pour tous les moments de bonheur. On aimerait que jamais cela ne se termine. Face à ces immensités de la nature et à leur côté neuf à mes yeux, n’ayant jamais gravi l’Iseran, je voulais en profiter au maximum. La descente et l’arrivée sur Valloire passèrent relativement rapidement jusqu’au Galibier où la course fut ralentie.

Poursuivons par la longueur.

A l’approche de la dernière ascension, et à cause du rythme de la course, la caravane n’avançait plus très vite et lorsqu’on tient un grand rythme au début de l’étape, ralentir comme cela en vallée, sur de longues routes est vraiment désolant.

La montée du Galibier par Valloire fut longue et très lente. Nous suivions en effet les camping-cars de Narbonne Accessoires, qui ne pouvaient monter plus vite que 30km/h en première ou seconde et surchauffaient régulièrement. On les doublait plus les laissait repasser assez régulièrement et étions de ce fait fortement ralentis dans l’ascension. Le Galibier étant noir de monde, c’était très stressant car il ne fallait pas laisser trop de place entre les véhicules comme toujours dans la haute montagne emplie de spectateurs sous peine de récupérer quelqu’un sur le capot ou directement sous les roues.
Le paysage était vraiment joli aussi. Les pentes très escarpées du Galibier sont particulièrement saisissantes. On sent vraiment dans ce col la nécessité de ne pas faire d’écart en conduisant. Point de rambarde de sécurité !

Cette partie-là de l’étape parut longue mais la descente qui arrivait et allait nous mener au bout de l’étape le serait encore plus. De plus, la descente du Galibier vaut totalement la montée. La beauté du paysage est frappante mais l’absence de parapet à certains endroits l’est tout autant. Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage est une fable bien à propos dans cette descente tant on se dit qu’il ne ferait pas bon rater un virage ou s’endormir au volant. Je me le suis pas mal répété d’ailleurs pendant cette journée après ma courte nuit (pléonasme) au Formule 1. Tout cela paraissait si loin.

Il devait être près de 16 à ce moment-là et cela devait faire environ 10h qu’on était tous levés. L’étape des terminait doucement mais la fin de journée n’était pour autant pas encore là…

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Partie 24 : Val d’Isère

par Martin le 15/02/2008 | 22 h 53 min | Article lu 4 fois

Le réveil a été difficile le lendemain car lorsqu’on a du mal à trouver le sommeil, c’est toujours sur le petit matin qu’on dort le mieux. Conséquence de ce principe : lever très tôt et très difficile ce matin-là (cf : Photo portrait. Admirez les petits yeux !). Petit déjeuner rapide à cette heure matinale d’autant plus que le coin restauration de l’hôtel Formule 1 était vraiment petit et donc vite rempli de tous les caravaniers voulant rapidement ingurgiter quelque chose avant de partir en direction de Val d’Isère.

J’avais acheté la veille de quoi subvenir aux besoins alimentaires jusqu’à la fin du Tour. Les biscuits céréaliers allaient devenir les Jokers alimentaires de la fin du Tour.

Le soleil était déjà très fort et la luminosité écrasante pour mes yeux fatigués et desséchés de l’après dure nuit. Une assez longue route était devant nous avant même de prendre le départ de l’étape car nous devions nous rendre à Val d’Isère à 80km, c’est-à-dire, reprendre la route jusqu’à Tignes et basculer ensuite vers la vallée de Val d’Isère.

Une route pas trop compliquée, surtout qu’on l’avait faite 2 jours avant dans l’autre sens. Sauf que nous avons eu droit à un superbe effet GPS (encore !). A Bourg St-Maurice, pour aller vers Tignes, Val d’Isère, il n’y a qu’une route, des énormes panneaux directionnels tellement flagrants qu’on ne peut pas ne pas les voir. Le chef a pris tout droit au lieu de tourner car le GPS avait dit tout droit…
Résultat : demi-tour sur une route minuscule en gênant la circulation matinale encombrée de camions, probablement de chantier en prévision des travaux de préparation de la saison hivernale. La fatigue, surement…ou bien un état de somnolence avancé…beaucoup de choses auraient pu être à l’origine de cette bête erreur. Peut–être tout simplement une confiance aveugle dans la machine.

Après ce bref détour et un coup de réveil pour tout le monde avec ce petit piège, nous sommes repartis paisiblement pour arriver parmi les premiers (alors que nous étions avant derniers dans la caravane, je vous rappelle). Tous les véhicules étaient bloqués à l’entrée de Val, d’Isère, même avant l’entrée officielle car par exemple, Festina et nous avons été remisés bien avant l’entrée de la station en contrebas de la route, à côté du centre de réparation des véhicules de la station. Là, sans soleil, complètement à l’ombre du flanc de montagne donnant sur Tignes et à l’ombre du grand bâtiment de réparation, il faisait un froid glacial ! La parka a été très utile ce matin-là.


Après les habituelles vérifications d’avant départ et les nettoyages de véhicules, nous sommes partis tout d’abord boire un café auprès d’un véhicule Grand-mère puis avons remonté les différents véhicules de la caravane. Encore une fois nous n’avions pas un parking caravane mais une multitude de petits emplacements de parking. Ce genre de configurations n’était pas des plus intéressantes car on ne voyait personne, on perdait un temps fou à aller chercher de l’eau ou saluer les amis. Cependant, à peine l’ombre du flanc de montagne passé, la chaleur revint immédiatement et nous fit tomber la parka rapidement. Passer de quelques degrés à 15 avec du soleil en quelques centaines de mètres est sympathique. On a l’impression de se rapprocher du soleil, ce qu’on fait en montagne sauf que lorsqu’on monte, bien souvent, la température baisse proportionnellement.

Une fois revenus auprès de nos véhicules, nous avons traversé le cours d’eau en contrebas de notre position et en avons profité pour lire le journal. C’était un des points positifs d’un emplacement de parking caravane reculé, c’est qu’on n’était pas embêtés par la foule et qu’on pouvait tranquillement lire le journal, discuter et se préparer à la journée mais d’un autre côté, ce n’était vraiment pas marrant, cela manquait cruellement d’ambiance. Mais pour pallier à ce manque d’ambiance, nous avons pris des photos et discuté.

Puis vint le signal du départ au loin. Et ce fut parti pour la dernière étape des Alpes.

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Partie 23 : Nuit magique au Formule 1

par Martin le 14/02/2008 | 0 h 54 min | Article lu 53 fois

Cette nuit-là avec la chaleur étouffante de l’hôtel Formule 1 d’Albertville, ce qui devait être une bonne nuit de sommeil se transforma en quelques dizaines de minutes de sommeil à tout casser. Je pense avoir dormi entre une heure ou deux. Encore si je m’étais vraiment reposé étant allongé, cela aurait été mais là, par près de 30°, dans l’atmosphère confinée de l’hôtel, c’était vraiment très très malsain.

Une nuit magique. Ce genre de nuit pendant laquelle on se dit tout le temps qu’il faut dormir et pendant laquelle, malgré le poids et la sécheresse des paupières, le corps et l’esprit refusent de se mettre en veille. Là couvert de sueur, le drap complètement repoussé mais collant aux pieds, la bouteille d’eau se vidant sans que le besoin d’aller uriner ne se fasse sentir, je ne voyais pas trop comment je pourrais enfin trouver le sommeil. Finalement, cela s’est produit pour quelques minutes. Celles qui m’ont permis de profiter tant bien que mal de la dernière étape alpestre, surement la plus belle.

Une des composantes essentielles du Tour dans la caravane est la soirée. Nous avons déjà eu l’occasion de le voir d’ailleurs dans les récits précédents. J’avais évoqué une soirée mémorable dans une cantine mémorable, je vais maintenant parler d’autre chose de non moins notable, les hôtels Formule 1. Hantise des caravaniers à cause de leur confort sanitaire rudimentaire, les hôtels Formule 1 n’en étaient pas moins les plus représentés parmi les hôtels fréquentés chez Maracoudja au milieu des autres première Classe, B&B, Village Hôtels ou encore (plus rare) Etap Hôtels.

Je dois admettre qu’avant d’avoir pu essayer cette chaîne d’hôtels lors de mon premier Tour de France et juger par moi-même de la qualité de ces auberges, j’avais déjà eu des échos au travers de films dans lesquels les stéréotypes des hôtels « low-cost » avaient été évoqués. Mais pour la plupart ou du moins dans les conditions dans lesquelles j’ai eu l’occasion de découvrir et d’approfondir la connaissance de ces hôtels, je n’ai pas constaté de gros problèmes d’insonorisation ni n’ai eu l’impression que ces hôtels n’étaient que des hôtels de passe. Après, il est certain, comme je l’ai dit, que c’était le mois de juillet, période de vacances et qu’à chaque fois que nous y descendions, une grande partie de l’hôtel était prise par la caravane. L’échantillon témoin de la clientèle typique de ce genre d’hôtel n’était clairement pas représenté.

Commençons par une brève description. L’hôtel Formule 1 type est assez parallélépipédique. De temps en temps, il est architecturé en U, en L ou même des fois de manière encore plus compliquée mais au final et de l’extérieur, l’aspect reste globalement toujours plus ou moins le même. Une sorte d’entrepôt plutôt bien décoré avec de petites fenêtres carré réparties de manière périodique sur les murs.
Sur la façade surplombant l’entrée, un triangle architectural accroché au mur et deux ou trois ensembles de mobilier de camping ou de jardin. A côté de ce mobilier, des pots de fleurs ou des jardinières.

Tout autour de l’hôtel, un grillage de zone industrielle entourant un assez vaste parking aux places étroites pour des véhicules de caravane publicitaire.
En règle générale, l’entrée et la sortie du parking donnaient droit à de beaux numéros d’équilibristes du volant. Lorsqu’il était tard le soir et qu’on avait le temps, cela importait peu mais lorsqu’on était à quelques minutes voire secondes de l’heure fixée pour le départ le matin, la galère du parking devenait vraiment problématique. En effet, rentrer dans une place le soir est toujours relativement simple car on est soulagé d’être arrivé, la pression retombe mais en sortir, le matin, pressé par le temps, cela peut devenir bien moins facile.

La première fois qu’on pénètre dans un Formule 1, c’est toujours un moment à part. Je ne me souvenais plus trop de cette sensation jusqu’à ce qu’un collègue de la caravane, habitué du Tour dans les hôtels luxueux des équipes ou des sponsors ne découvre sous mes yeux et pour la première fois de sa vie l’hôtel Formule 1. C’était celui de Grande Synthe pour la petite anecdote et bien que très propre et plutôt bien pour un Formule 1, nous venions de passer 2 jours en Angleterre dans un bel hôtel du quartier des Docks, adjacent au nouveau quartier de la finance londonienne. Le changement était donc radical. Au départ, non ‘y croit pas, on se dit qu’il doit y avoir méprise quelque part puis, tout en découvrant avec étonnement les lieux, on se fait à l’idée de séjourner quelques heures là. Surtout que sur le Tour, la fatigue est souvent présente, le sommeil ne tarde jamais à venir par conséquent on ne profite pas trop du confort précaire des installations. Je pense même ne jamais avoir allumé la télévision cette année au Formule 1 !

Au niveau des équipements justement, un petit lavabo, 2 prises de courant, deux néons, des serviettes minuscules, tant et si bien qu’il fallait toujours décider quoi cacher si on décidait d’aller sans aucun vêtement à la douche, et irritantes à force d’être lavées, une télé toute petite, 30-36cm max disposée dans un coin de la chambre. Au niveau couchage, un énorme drap faisant office de housse et de drap à placer sous des couvertures piquantes et rêches comme je ne pensais plus qu’il était possible d’en faire.
Pas de climatisation ni d’aération particulière à part la toute petite fenêtre carré. A deux dans la chambre, des fois trois pour certaines, cela devenait vite irrespirable dans les régions chaudes lorsqu’il avait fait 30° de 11h à 18h…

Mais tout cela ne serait rien si le Formule 1 n’était pas magnifiquement doté de sanitaires communs préfabriqués en plastique PVC beige. Le matin, c’était un peu le défilé en tenue légère, avec la serviette soit devant, soit derrière au choix, descendant à peine à mi cuisse, dans les couloirs moquettés de l’hôtel pour aller faire ses besoins ou prendre une douche. Il fallait parfois attendre plusieurs minutes avant de pouvoir avoir accès à une cabine de douche détrempée et totalement emplie de buée.

Quel tableau noir vous dites-vous surement ! Oui et non car tout cela a grandement participé au charme du Tour et sans ça, cela n’aurait surement pas été pareil.

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Partie 22 : Journée de repos (sportive) 2/2

par Martin le 12/02/2008 | 23 h 58 min | Article lu 5 fois

Après le magasin Decathlon, nous avons continué notre virée déconnade dans un autre magasin de sport où nous nous sommes livrés à des essayages en folie.


Ensuite, retour à l’hôtel pour, du moins au début, ne rien faire car il nous avait été dit qu’on ne pourrait rien faire avec les véhicules l’après midi. C’est d’ailleurs ce qui nous avait poussés à partir au centre commercial à pied pour manger et faire les courses. Cela m’a valu de magnifiques cloques, ayant omis (pas les œufs de caille) mais les chaussettes ici.

Ce fut pour commencer le temps rangement puis le temps mâts. Les techniciens des ateliers du spectacle, ayant conçu et réparant les véhicules étant sur place aujourd’hui. Comme certaines soudures donnaient des signes de faiblesse, nous avons décroché nos mâts et les avons fait vérifier par les techniciens. Puis alors que négligemment, nous nous dirigions vers l’hôtel, on apprit que finalement on pouvait prendre 2 des 4 véhicules pour nous rendre à un lac où d’autres étaient déjà depuis le début de l’après-midi alors qu’on nous l’avait fermement interdit…

Nous voilà partis en direction de ce lac dans lequel la baignade était autorisée histoire de nous détendre, de nager et de barboter un peu dans l’eau avec la chaleur étouffante. Eau, maillot de bain, serviette, crème solaire et lunettes de soleil, le sac fut vite fait et nous partîmes rapidement.
sur les berges du lac, nous avons ainsi retrouvés une grande partie des caravaniers de chez Maracoudja et avec des ballons publicitaires, avons joué un peu. Certains se sont adonnés au Volley-Ball, d’autre au lancer de ballon de rugby. Enfin certains comme moi en ont profité pour faire quelques centaines de mètres de crawl ou de nage plus détendue dans ce lac à l’eau fraîche.
Il n’était pas facile d’y rentrer au départ. Certaines ne s’y sont même pas risqué plus haut que leurs genoux. D’autres y furent mises plus ou moins de force et ressortirent très rapidement et toutes tremblantes de froid.

Cette pause d’une heure ou deux en fin d’après-midi au bord de ce lac fut vraiment agréable et très détendante.

De retour du lac, après avoir déposé les hôtesses, ce fut le temps pour les chauffeurs d’aller faire les pleins et de tous se retrouver ensuite au semi-remorque pour charger les goodies pour le lendemain avant de nous rendre au restaurant du soir. Non ce n’était plus la cafétéria Casino !! mais un petit restaurant pas très loin de l’hôtel dans lequel nous avons vraiment très bien mangé. Nous avions le choix de manger du saumon ou du bœuf ou même les deux en s’arrangeant pour partager avec quelqu’un (ou quelqu’une dans mon cas..). Comme d’habitude, vin rouge et vin rosé étaient proposés. Ils étaient vraisemblablement ni trop mauvais ni trop bons car je n’en ai plus de souvenirs.

De retour à l’hôtel après le restaurant, malgré la chaleur, nous n’avons pas fait long feu. Nous devions nous lever très tôt le lendemain pour partir à Val d’Isère, ville de départ de l’étape suivante. Une bonne nuit de sommeil s’imposait…

Après quelques minutes de discussion dans le couloir de l’hôtel, nous avons tous plus ou moins rapidement regagné nos chambres.

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Partie 21 : Journée de repos (de folie) 1/2

par Martin le 08/02/2008 | 23 h 28 min | Article lu 4 fois


La journée de repos commença de la plus belle des manières, avec un réveil tardif…très tardif même ! Entre 11h et midi pour les plus matinaux. Il est impressionnant de voir comme on peut récupérer lorsqu’on peut dormir sans contrainte de durée sur le Tour. Et la fatigue est vraiment là, car pour dormir autant dans un hôtel comme le Formule 1 d’Albertville, il faut vraiment être fatigué, nous le verrons un peu plus loin dans le récit !

Réveil tardif dans un hôtel veut dire aussi absence de petit déjeuner. La chose à laquelle on ne pense jamais quand on se dit, crevé et repus, la veille, qu’on va se faire une super grasse matinée. Le réveil est donc toujours délicat, surtout quand le soleil est au zénith. Tête endormie, estomac creux, plein soleil à la sortie de l’hôtel, les lunettes de soleil s’imposent alors pour cacher d’une part la tête de crevé qu’on expose et pour habituer en douceur les yeux à une telle luminosité. Après discussion et regroupement des réveillés. Certains l’étaient depuis longtemps ! J’étais impressionné. Nous sommes partis en convoi et à pied vers le restaurant de la veille qui était celui du jour.

Le repas était globalement le même ce qui permettait de varier les plaisirs et de changer un ou plusieurs ingrédients.

Seulement, contrairement à la veille la salle ne nous était pas réservée ce midi-là. Nous étions avec toute la clientèle habituelle, ce qui ne manqua pas de provoquer une cohue dans la zone « self » du restaurant. Le repas fut rapidement avalé, n’ayant pas mangé en nous levant. Et nous décidâmes d’aller faire quelques courses dans le supermarché attenant. Certains d’entre nous voulaient acheter de la lecture, d’autres comme moi à manger en cas d’absence de petit déjeuner comme le matin qu’on venait de passer. Ainsi des biscuits aux céréales, pas trop sucrés s’imposaient pour garder la forme en toutes circonstances. Pas question d’être perturbé par une petite faim sur la route ! A la librairie, certain(e)s ont acheté des magazines féminins avec les habituels tests sexo de l’été qui nous firent bien marrer ou réfléchir le soir. Ensuite, nous nous sommes dirigés vers le supermarché en tant que tel.

Après avoir déambulé dans les rayons hygiène, protections diverses, alcools et biscuits…nous sommes ressortis avec quelques mouchoirs (utiles dans les hôtels
poussiéreux), des biscuits et pour certains des bouteilles. Mais qu’est-ce que nous avons ri dans ce supermarché !
Une bouteille a notamment plus fait parler d’elle que les autres. La bouteille de Muscat d’un des chauffeurs :D . Il n’arrêtait pas de nous parler de son muscat depuis le début du Tour et voilà que tous nos fantasmes devenaient réalité avec enfin l’achat d’une telle bouteille.

D’ailleurs, la bouteille a ensuite fait le tour des magasins puis pris la pause devant le Buffalo du Buffalo Grill (encore Merci Nico pour cette photo d’anthologie !). Puis nous avons suivi la vie de la bouteille de Muscat pendant le Tour. Sa trace a été perdue vers Montpellier il me semble. Régulièrement, nous la voyions le soir sur le parking de l’hôtel dans la main de son « maître ».

Après le Casino, nous étions évidemment passés par le Decathlon. Là aussi, nous avions essayé différents modèles de lunettes pour une hôtesse. J’avais pour ma part conseillé une personne cherchant des lunettes. Bref, c’était l’éclate.

Certains ont essayé ou posé avec d’autres objets plus insolites comme une épuisette.

Nous sommes tous ressortis en ordre dispersé avant de prendre la direction du retour.

Tout juste le temps de prendre quelques photos cultes…A vous de juger !

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Partie 20 : Un dîner gargantuesque

par Martin le 06/02/2008 | 16 h 54 min | Article lu 6 fois

Nous revoilà donc partis, cette fois-ci dans un seul pick-up pour éviter les manœuvres sur le parking de l’hôtel. Direction la cafétéria Casino du centre commercial situé à quelques centaines de mètres à vol d’oiseau. Arrivés, nous avons constaté qu’une sortie de voie rapide était située juste à l’entrée du centre commercial. Ne le sachant pas, à cause du fameux problème de road-book manquant, nous avons traversé la ville et pris quelques ronds point, suivant les directions plus ou moins, nous fiant surtout à notre instinct de citadins nous conseillant de suivre les panneaux lumineux des grandes enseignes telles Decathlon, Casino dans le noir. Bien nous en a pris. Nous sommes arrivés à bon port en visitant la zone d’activité !

Dernière difficulté avant d’aller manger, l’entrée sur le parking, celle-ci étant limitée en hauteur par un portique métallique. Même si visiblement cela semblait passer sans problème, j’ai décidé de passer par la sortie en prenant un sens interdit sur 10 mètres. A 22h30 sur un parking de supermarché désert, que peut-il arriver ? :)
Là, nous avons retrouvé les deux autres véhicules de la marque qui étaient visiblement arrivés depuis un bon moment. Ils n’étaient en effet pas passés par l’hôtel et avaient pris directement la direction du restaurant. C’était sympa d’être prévenus d’aller directement au restaurant. Bref… Nous sommes arrivés vraiment à la limite de la fin du service.


Le menu était très copieux. Nous avions droit à un buffet d’entrée, un plat parmi deux ou trois proposés, des petits pains au choix, du fromage, un dessert parmi plusieurs proposés dans un buffet et une boisson. Après une très longue journée seulement arrosée d’eau et d’un panier repas frugal, j’avais l’estomac capable d’avaler n’importe quoi, du moins, c’est ce que je croyais. Mon plateau débordait, je n’avais pas la place pour placer toutes les petites assiettes sur une surface aussi petite. J’ai donc empilé et dépilé en arrivant à la table. Logique. Le repas se passa et à partir du pain et du fromage, j’ai eu du mal à avaler la suite et ai du réellement me concentrer pour tout ingurgiter.
Cela doit être pour ça qu’on maigrit sur la caravane, c’est parce qu’on mange peu la journée alors qu’on dépense beaucoup mais aussi parce que le soir, alors qu’on peut bien manger, on n’a pas forcément la place de mettre dans son estomac tout ce qu’on souhaiterait y mettre.

Après ce super repas, nous sommes repartis à l’hôtel afin de dormir paisiblement et profiter de la nuit précédant la journée de repos durant laquelle rien n’était prévu.
Avant cela, on a pas mal discuté et parlé (bu aussi pour d’autres je pense…) devant l’hôtel, ce dernier étant entièrement réservé par les caravanes. Prise de photos débiles, discussions à bâtons rompus sur tout et n’importe quoi. Remise en mémoire des meilleurs moments des deux étapes précédentes, vraiment magnifiques même si ce qui nous avait principalement marqué était les deux évacuations difficiles et les problèmes de communication survenus dans la caravane à la suite de ces deux épisodes.
Puis nous avons pris du plaisir à être ensemble. Ce genre de moments passés à ne rien faire vraiment mais ce genre de moments qui soudent le groupe et créent ce petit quelque chose qui fait que le Tour dans la caravane est si spécial.

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Partie 19 : Arrivée mouvementée à l’hôtel

par Martin le 04/02/2008 | 16 h 57 min | Article lu 3 fois

De Tignes, nous devions nous rendre à Albertville. Soit à 80km environ par delà 2 vallées. Il se trouve, qu’étant déjà allé dans ces vallées en vacances, j’avais un petit souvenir des routes mais me retrouver bloqué derrière des camping-cars était plus frustrant qu’autre chose. Même sans faire le Fangio ni brûler les limitations de vitesse, se retrouver bloqué et ralenti après les étapes est vite très stressant. On n’a qu’une envie, rentrer à l’hôtel et se détendre.

Arrivés en bas de Tignes, sur le barrage, nous avons pu recoller aux premiers véhicules et entamer la descente tous ensemble. Le chef caravane ouvrait la route comme toujours. Il avait le GPS, sorte d’étendard. Il se sentait donc investi du rôle de guide. Le seul problème était, comme nous l’avons déjà vu, qu’il n’avait pas forcément le sens de l’orientation et accordait une confiance aveugle à la machine au point d’en oublier d’utiliser son bon sens. Toujours est-il que ce soir-là, ne sachant pas vraiment où j’allais, je suivais comme un bon mouton bien dressé…

Arrivés dans la première vallée, à Bourg-St Maurice, à cause d’un rond point, nous avons été séparés et plutôt que de nous attendre, le chauffeur qui me suivait et moi, le chef caravane et le chauffeur en possession de mon road book ont décidé de tracer la route sans ralentir, ce qui compte tenu du trafic n’aurait pas vraiment posé de problème aux autres véhicules. Heureusement pour moi, je me suis rappelé de ma jeunesse et ai reconnu les routes que j’avais déjà prises pendant les vacances avec mes parents étant enfant dans la région.

En roulant au maximum de la vitesse autorisée, nous n’avons jamais recollé. Nous avons même perdu constamment du terrain ! Par talkie, j’ai réussi à avoir le nom de l’hôtel par mon collègue et j’ai mené la demi-caravane RMC restante sur la route du Formule 1 d’Albertville. La nuit tombait petit à petit sur les montagnes, cela était très beau mais à ce moment-là, il me tardait simplement d’arriver à bon port. Une fois arrivés sur la nationale menant à l’hôtel, j’ai reconnu la route. J’étais déjà allé dormir à cet hôtel les années précédentes sur le Tour. Heureusement, je ne me rappelais pas de l’hôtel en particulier mais du lieu, ce qui sur le coup me motivait un peu et me faisait oublier que les deux autres chauffeurs nous avaient largué ainsi.
J’espérais simplement ne pas trouver un péage sur la route car la carte bleue de la caravane était toujours dans le véhicule du chef caravane et bien que possédant aussi une carte bleue, cela m’aurait vraiment ennuyé de devoir utiliser la mienne.

A quelques kilomètres du but, il a fallu que nous nous arrêtions en catastrophe, je commençais à perdre la housse protectrice du siège de l’hôtesse à cause du vent et de la vitesse. Cela arrivait régulièrement et malgré l’attention que nous portions tous à la fixation sur le siège. Avec scotch, ceinture de sécurité bouclée, lest sur le siège… Nous avons stoppé sur une petite route juste à la sortie de la voie rapide. Là nous avons fait le point sur la fin de l’itinéraire et pour ma part, j’ai calmé mon collègue qui en sortant de son pick-up s’était mis à jurer contre les deux autres chauffeurs ! Il est vrai que leur attitude était déplacée mais ce n’était pas le moment, avec la fatigue, la faible visibilité et la faim, de s’emballer.

Paisiblement, nous sommes repartis et avons repris la voie rapide pour en ressortir et arriver à bon port 2 sorties plus loin. A la sortie, il fallait prendre à gauche au rond point, je suis allé à droite, ce qui m’a fait faire un détour de plus…Heureusement, le deuxième chauffeur m’avait attendu bien que de mon côté, revenu au rond point, j’avais reconnu la route menant à l’hôtel. Tout contents, nous avons rentrés les véhicules dans le petit parking de l’hôtel Formule 1, parking tout en longueur et assez étroit, ce qui n’était pas très pratique avec nos longs véhicules.
Sortis des véhicules, un collègue arrivé bien avant nous a expliqué où se trouvait le restaurant du soir…

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Partie 18 : …Et deuxième évacuation dans la galère

par Martin le 04/02/2008 | 16 h 39 min | Article lu 7 fois

Une fois les véhicules garés, nous sommes partis nous occuper. La course était passionnante. Pas trop pour le vainqueur d’étape, Rasmussen possédait plusieurs minutes d’avance sur les autres mais plutôt pour ce qui concernait les poursuivants avec notamment la très belle prestation de Moreau, attaquant sans cesse dans les derniers kilomètres pour essayer de lâcher ses compagnons d’échappée parmi lesquels Valverde, Klöden ou Contador.
Rasmussen arriva, gagna l’étape de belle manière et prit le maillot jaune.

Avant cela, j’avais eu le temps d’aller discuter avec un mécano de chez Barloworld. Le thème de la discussion était, quel vélo utilisait les boys ce jours là chez eux. Entre l’alu et le carbone car il n’y avait pas de carbone pour tout le monde d’une part et Cannondale étant un très bon fabricant de cadre carbone, le choix était permis apparemment chez eux…

C’est à cette arrivée là que j’ai récupéré mon premier bidon, un Elite de chez Euskatel. Un(e) hôte(sse) de la caravane en ayant eu deux. En plus d’être un bidon pour le côté souvenir du Tour et éventuellement utilisation à vélo, il était rempli d’eau fraîche. Je l’ai donc bu sans hésiter, toutes les bouteilles d’Aquarel qu’il restait de la journée étant complètement chaudes ou vides.

De l’arrière de la ligne d’arrivée, nous avons assisté au podium, et aux arrivées des coureurs, leur descente de vélo parfois difficile puis à leur montée dans les bus. Certains étaient interviewés, d’autres passaient sans même recevoir la moindre attention.

Assis, sur des rondins de bois, par terre ou dans la benne du Pick-Up, nous avons ensuite attendu l’évacuation. Le signal de départ, la sirène d’une moto de la garde républicaine retentit assez vite.
Cependant, nous n’étions pas encore partis ! En effet, il fallait d’abord quitter le parking d’herbe sur lequel nous nous trouvions puis contourner le parc technique par des non chemins de cailloux et de terre. De là, s’intercalaient des voitures de journalistes et d’équipes. Enfin, après quelques longues minutes, nous avons rejoint la route et enfin entamé la descente au rythme d’un homme (fatigué…) au pas. Nous ne savions pas pourquoi l’évacuation se faisait aussi lentement. Nous n’avons compris que plus tard. Il semblerait qu’un spectateur ait été heurté par un coureur redescendant vers son bus garé en contrebas. Ce coureur, Patrick Sinkevitz a été obligé d’abandonner.
Ce ne fut pas plus mal avec du recul pour l’image du Tour. On a appris depuis la fin du Tour sa positivité à la testostérone et son exclusion pendant deux ans du peloton…Le Tour n’avait pas besoin de ça cette année, nous le verrons dans la suite.

La descente a été très lente à cause de ça. Passée cette péripétie, l’évacuation allait commencer mais tous les kilomètres, les gendarmes avaient décidé de laisser descendre par alternance des spectateurs avec la caravane publicitaire. Encore une mauvaise idée de gendarme après celle de la veille qui nous avait coûté quelques heures! Ainsi, j’ai fait la descente derrière un camping car roulant très lentement et sans aucune visibilité. De ce fait, un gros trou s’est formé devant et d’autres véhicules se sont intercalés… ce qui a encore augmenté la perte de temps.

A Tignes, il se trouve que j’avais prêté mon road-book à un autre chauffeur qui avait eu peur la veille lors du retour à l’hôtel car, distancé, il s’était cru perdu, ne trouvant plus son propre road-book. Ne l’ayant pas retrouvé et me sentant plus apte à me diriger que lui visiblement, j’avais décidé de m’amputer de cette sécurité. Je devais donc coller les premiers si je ne voulais pas me retrouver dans la vallée avec mon seul téléphone pour me guider. De plus, plutôt que de nous attendre, ce dernier avait pris de l’avance et n’avait pas regardé dans son rétro si on suivait bien ou pas. Intelligent quand on sait que le véhicule qui le précédait avait un GPS…

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